En 1941, le gouvernement de Pétain avait aussi instauré le monopole de la Pharmacie. Alors que la situation est restée longtemps stationnaire, beaucoup d'évolutions ont eu lieu les dix dernières années en France.
En particulier, des plantes sont sorties de ce monopole : 34 plantes médicinales autorisées en l’étatont été libérées en 1979, ainsi que 148 plantes libérées plus récemment en 2008 par l’Agence Nationale de Sécurité et du Médicament.
Autre fait notable, en 2004 (directive européenne) et en 2006 (déclinaison française), un grand nombre de plantes sont autorisées à figurer dans la composition de compléments alimentaires qui dépendent du code de la consommation (non plus du code de la santé).
Mis sur le marché par les industriels, ces produits composés de vitamines et de minéraux peuvent également comporter des plantes réputées posséder des effets nutritionnels ou physiologiques mais ne rentrent pasdans la catégorie des plantes ayant des propriétés pharmacologiques et destinées à un usage exclusivement thérapeutique. En France, cela correspond à une liste de 540 plantes.
Sous réserve que les produits mis sur le marché répondent à des critères de qualité environnementale et sociale, la phytologie peut recommander toutes les plantes libérées ainsi que celles qui entrent dans la composition des compléments alimentaires.
Aujourd'hui, il persiste 450 plantes inscrites à la Pharmacopée française et réservées aux seuls pharmaciens, réparties sur 2 listes, en fonction des précautions d'emplois qu'elles impliquent. La pharmacien reste un professionnel de choix à consulter. Il peut être judicieux de faire appel aux officines qui pratiquent la phytothérapie et qui sont notamment en mesure de réaliser des préparations telles que des mélanges, des gélules, des suppositoires, des ovules, ... etc.
En 2017/2018, Un rapport d'information intitulé " les plantes médicinales et l'herboristerie : à la croisée des savoirs ancestraux et des enjeux d'avenir" a été publié par le Sénat. Il s'agit d'une mission qui a été présidée par la Sénatrice Madame IMBERT et dont le rapporteur était le Sénateur Joël LABBÉ du Morbihan. Antérieurement, cet homme politique a donné son nom à la loi Labbé qui a (notamment) réglementé l'usage des pesticides par les communes, pour favoriser le désherbage sans herbicide, une vraie avancée en matière d'écologie et de gestion des espaces verts publics. Le rapport d'information a lui permis en particulier une très grande avancée sur la reconnaissance des métiers liés aux plantes médicinales et notamment le statut des paysans-herboristes. Ce travail a permis à la France (qui figurait parmi les bons derniers en Europe sur le sujet) de progresser pour le développement des plantes médicinales, avec le respect et le sérieux qu'elles méritent. Personnellement, j'ai été invitée à participer au Colloque en mai 2019 au Palais du Luxembourg sur les métiers de l'herboristerie qui a été en particulier l'occasion d'un partage sur l'Etat des lieux et les perspectives d'avenir.
officiellement enregistrée depuis 1968 au Bureau International du Travail de Genève (CITP68 B.I.T : 079.90, confirmé et précisé en 1988 par l’enregistrement N° 3241)
considérée comme une « médecine traditionnelle » par l'UNESCO (Thesaurus MT 2.80 NT1)
reconnue dans les "Thérapies et techniques thérapeutiques de médecine complémentaire et parallèle communément utilisées" par l'Organisation Mondiale de la santé ( Cf. "Stratégie de l'OMS pour la Médecine traditionnelle 2002/2005").
référencée par l’ Organisation Mondiale de la Santé en 1978 (Conférence d’Alma ATA).
remboursée par certaines mutuelles (environ une vingtaine à l'heure actuelle, merci de vous renseigner directement auprès d'elles).
Un travail d'homogénisation est en cours sur ce qu'est la Naturopathie et sur le contenu des formations qui sont dispensées ( parfois à des coûts exhorbitants, sur des durées très brèves et avec des pratiques ou des idéologies non recommandables quand elles ne sont pas dangereuses). Certaines Ecoles de naturopathie souhaitent et demandent à l'Etat français une réglementation qui permettrait de faire du tri dans l'intérêt de tous et pour éviter les pratiques sectaires et dangereuses pour le consommateur. L'Allemagne, la Suisse l'Espagne, la Belgique, le Royaume uni et bien d'autres pays sont bien plus en avance que nous sur ce sujet.
En attendant, soyez vigilants et gardez votre discernement !